Excuse, pardon ou désolé ?

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Dans le langage oral, certaines expressions permettent d’admettre un tort. Les 3 plus usitées sont les suivantes.

Désolé de m'excuser de demander pardon...

Je suis désolé

Être désolé signifie se sentir seul, perdu, en manque. Le mot a pour racine “seul”, mais a pris le sens d’un d’une affliction, d’un chagrin. En anglais, on retrouve une racine identique avec sorry, de sorrow, qui veut dire chagrin.

Dans ce contexte, il n’est nullement question de culpabilité. Une personne désolée se retrouve chagrinée, simplement par empathie ou compassion.

Je m’excuse, excusez-moi

Excuse signifie littéralement cause extérieure. On retrouve ici davantage la notion de culpabilité que celle d’un sentiment quelconque. En Allemand, Einshuldigung est très proche de c’est ma faute.

La question est : qui doit excuser qui ? Qui doit reconnaître que je suis la cause extérieure d’un quelconque conflit (manquement aux conventions sociales, faute, maladresse…) ? Officiellement, je dirai : moi-même. Si je demande à une personne de m’excuser, je peux endosser une responsabilité qui n’est pas mienne, en demandant de devenir cause extérieure au conflit.

Pardon

Signifie tenir quitte,  tenir pour non avenue. L’offensé ne donne ni suite ni attente d’une offense.

Dans le cas d’une demande en pardon, l’offensant souhaite que l’offensé n’attende aucune réparation, aucun rachat de sa part.

 

Synthèse

On emploira Je suis désolé dans le cas d’une empathie ou d’une compassion

On emploiera Je m’excuse pour admettre sa faute.

On n’emploiera Pardon que si l’on souhaite faire rédemption de ses pêchés.

Merci

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Avec un tel sujet, on pourrait s’attendre à une suite de remerciements, mais l’objet de ce poste est plus pour expliquer le vrai sens de ce mot.

Deal ?

Merci a la même racine que marché. On le retrouve dans mercatique, commerce… Le but de ce mot est de désigner qu’une personne met un terme aux services d’une autre, suite à une demande ou au respect d’un contrat.

De ce fait, quand quelqu’un vous rend un service (demandé ou non), vous le libérez de son acte en lui disant “merci”. Quand une personne est licenciée, elle est également remerciée. Et quand deux personnes se disent merci mutuellement (notamment lors d’un échange), elles font un commerce.

Chronologiquement, cela se passe de la sorte :

  1. une personne A demande quelque chose à une personne B (ou pas)
  2. la personne B apporte la chose à la personne A
  3. la personne A, si la chose lui satisfait, remercie la personne B et la délie de son service

Ainsi, merci revient à donner le change et à éponger sa dette vis-à-vis de cette personne. On retrouve la notion de marché.

Dis merci à la dame !

Par la suite, le mot a pris une connotation de politesse, alors que, lorsqu’on nous apprend à utiliser ce mot, c’est souvent alors que les enfants n’ont rien demandé, et que les adultes attendent une reconnaissance de leur attention, voire un prétexte pour de nouvelles attentions (si l’enfant est impoli, l’adulte ne désirera plus montrer d’attention, alors que c’est le rôle du remerciement. Paradoxal, non ?).

En clair, on remercie afin de ne plus être redevable vis-a-vis d’une personne. Pour certains faits, cela suffit, pour d’autres une contrepartie est nécessaire, et le commerce (ou le marché) prend place.

Dans notre société, on privilégie le donnant-donnant, afin de pérenniser les relations sur le long terme. Dans des peuples développant la culture du don, le remerciement fait office de paiement, et n’attend aucune forme de bien ou de service en retour.

De plus, selon les pays, le sens de ce mot diffère :

  • en anglais, “thank you” signifierait “sois gracié”. on retrouve un sens proche en italien et espagnol, avec respectivement Grazie et Gracias
  • en portuguais, “obrigado” signifie littéralement “obligé”
  • en allemand, la notion de grâce est très forte dans la sémantique de Danke
  • en russe, Blagodaria signifie “bon à donner”
  • etc.

Quid du compliment ?

Ceci est amusant : lorsqu’une personne vous fait un compliment, vous dites “merci”. Et ce, toute culture confondues ! Mais où est le deal ?

En fait, on peut supposer que complimenter revient à rendre un service à quelqu’un, en résultat d’une travail personnel fourni : performance, compétence, esthétique, etc. Il serait plus logique de répondre une phrase du genre “ce que tu me dis me fait plaisir”, sauf si vous le faites dans l’attente d’un compliment, auquel cas, oui, il y a deal :

  1. je développe un trait de ma personnalité, une compétence, une apparence
  2. un entourage apprécie et m’en fait part
  3. “merci”, fin du deal

Dans l’idéal, la meilleure réponse à un compliment serait “cela me touche”, “cela me fait plaisir”.

Merci, et après ?

Mais le deal ne s’arrête pas là, car une fois que la personne A a remercié, ce qui clore le service la personne B rajoute une phrase pour confirmer que le service est clos. Cependant, les réponses suivant les remerciements varient aussi d’un pays à l’autre :

  • en français, “de rien” ou “il n’y a pas de quoi” donnent un détachement sur l’acte accompli et le paiement par le remerciement
  • en anglais, “you’re welcome” signifie “tu es bienvenue”, autrement dit n’hésite pas à me demander quelque chose
  • en italien, on répond “prego”, qui signifie “je prie”. Il est assez proche du “je vous en prie” français
  • en allemand, “bitte” a plusieurs origines, notamment une humiliation publique pour demander pardon, ou une prière pour les autres.
  • en indonésien, le sens premier du mot “kembali” est “retourner”

Etat de grâce ?

Beaucoup de langues utilisent la grâce en guise de remerciement. La grâce est une action accordée, notamment à un condamné, un droit auquel il ne prétend pas ou plus en temps normal.

De ce fait, gracier signifie donner de l’importance à une personne, la considérer au-delà des droits sociétaux, légaux, judiciaires. Là est toute la connotation positive du remerciement, que l’on dénigre avec un “de rien” ! Sentez ici aussi la force du paradoxe !!!

La grâce se retrouve également dans l’économie monétaire avec la gratuité, qui partage sa racine avec la grâce. On offre gracieusement plus pour le même prix, on valorise le consommateur en augmentant son pouvoir d’achat.

Mot de la fin

Fin. Mais il y en a tellement à dire…

Le scénario qui fait mouche

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La majorité des films à succès utilisent un scénario découpé de la sorte :

  1. on présente le quotidien du Personnage Principal (PP)
  2. un événement perturbe le quotidien du PP : révélation, rencontre…
  3. cela induit le PP à agir à l’encontre de ses habitudes
  4. durant ses remises en question, un lien se fait (ou se confronte) avec un Personnage Secondaire (PS)
  5. un clash arrive entre le PP et le PS
  6. un ultime événement effectue le rapprochement nécessaire entre PP et PS
  7. PP et PS sont (de nouveau) amis (voire plus)
  8. Happy end !

Perfection et idéal

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Il doit s’agir du plus gros abus de langage de la langue en général, toutes cultures occidentalisées confondues. On emploie le mot perfection à tort, notamment pour parler d’idéal. Même les citations les plus célèbres emploient le mot perfection dans le sens d’idéal : “La perfection n’est pas de ce monde”, “Vous n’atteindrez jamais la perfection” (Dali), “les détails font la perfection” (De Vinci)… C’est dire que la confusion date !

Perfection vient du latin per fecto, qui veut dire fait jusqu’au bout. Quand une chose est fait jusqu’au bout, elle est donc parfaite. On retrouve cette étymologie en conjugaison, avec l’imparfait, qui signifie une action passée interrompue, donc non terminée : “Je faisais du shopping quand mon téléphone sonna“. Il est clair que mon shopping n’était pas terminé quand mon téléphone se mit à sonner.

La perfection est bien plus facile à atteindre que l’idéal. Ce dernier est une utopie conditionnée dans le temps, car il évolue au fil des expériences (voir Tron : l’héritage pour exemple). Il est de même nature que le rêve, purement subjectif et laissé à l’appréciation de chacun, alors que la perfection est plus objective : une chose finie est finie, quelle qu’en soit l’issue.

La responsabilité

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La responsabilité est un mot employé dans diverses situations, que l’on confond souvent avec la culpabilité. Responsabilité vient de répondre, c’est-à-dire notre capacité à assumer les conséquences de nos actes. Une personne coupable n’est pas nécessairement responsable (notamment dans le cas des personnes non majeures et des déficients mentaux).

La responsabilité touche tout ce que l’individu est et vit. Cela prend en compte les actes, les paroles, mais aussi les pensées, les sentiments et les émotions, que nous appellerons simplement actes. Il est important de savoir prendre le détachement nécessaire pour prendre l’ampleur de ces actes.

Dans l’autre sens, une personne faisant l’objet des actes d’un individu ne doit pas le prendre personnellement. L’acteur n’agit que sur l’image qu’il a de cette personne, cette image étant le reflet de ce qui plait et ce qui déplaît à l’acteur. On retrouve ici un des 4 accords toltèques : “ne rien prendre pour personnel”. Ainsi, chaque individu est comparable à un tableau de bord avec des boutons : lorsqu’une autre personne appuie sur un de ces boutons, cela engrange des réactions plus ou moins plaisantes. Ce sont ces réactions qui sont de la pure responsabilité de l’hôte de ce tableau de bord, et non de celui qui appuie sur les boutons.

Lorsque l’on éprouve des sentiments pour une personne, le principe est le même : l’autre n’est en rien responsable des sentiments que vous éprouvez et il est totalement injuste de lui reprocher la non-réciprocité de ces derniers.